June 1, 2026

Les ministres de la SADC lancent un appel en faveur d'une action coordonnée en matière d'harmonisation des engrais, de lutte contre les maladies animales et de développement des cultures afin d'améliorer la résilience du système alimentaire régional

Les Ministres de la Communauté de développement de l'Afrique australe (SADC) ont lancé un appel en faveur d'une action régionale coordonnée visant à protéger les systèmes alimentaires, par le biais d'une meilleure harmonisation des engrais, du développement des cultures et de la lutte contre les maladies animales telles que la fièvre aphteuse afin de mieux assurer la sécurité alimentaire et la résilience dans la Région.

Le Comité des ministres de la SADC chargé de l'agriculture, de la sécurité alimentaire, de la pêche et de l'aquaculture a lancé cet appel à l'occasion de la réunion tenue le 29 mai 2026 à Victoria Falls (Zimbabwe).

Le président du Comité des ministres de la SADC chargé de l'agriculture, de la sécurité alimentaire, de la pêche et de l'aquaculture, John Henry Steenhuisen, ministre de l'Agriculture de la République d'Afrique du Sud, a invité les États membres de la SADC à accélérer l'adoption du protocole d'accord sur les cadres réglementaires relatifs aux engrais afin de réduire les coûts et de renforcer la résilience, tout en soulignant que la SADC « ne peut plus se permettre d'attendre » davantage pour harmoniser les réglementations en matière d'engrais. 

Au sujet de l'épidémie de fièvre aphteuse et d'autres maladies transfrontalières, M. Steenhuisen a souligné la nécessité d'une action rapide et collective, exhortant les États membres à accorder la priorité à la surveillance transfrontalière, à la traçabilité, à la vaccination coordonnée et à une approche « One Health » renforcée, reliant la santé animale, le commerce et les écosystèmes.

« Les maladies animales ne connaissent pas de frontières». Notre capacité de résilience collective dépend de celle de nos voisins, et il est toujours moins coûteux de se préparer que de faire face à des épidémies prolongées », a-t-il déclaré, rappelant que la région de la SADC est tenue d'adopter un cadre de coordination régionale ainsi que le projet de banque de vaccins contre la fièvre aphteuse de la SADC.

Il a souligné qu’une Région qui investit dans le renforcement des systèmes vétérinaires, la surveillance régionale, la coordination des mesures sanitaires et phytosanitaires (SPS) et la modernisation des systèmes agricoles se place en position de rivaliser de manière compétitive sur les marchés mondiaux, tout en préservant l’accessibilité financière des denrées alimentaires et les moyens de subsistance des populations rurales sur son territoire.

Le ministre de l'Agriculture, de la Mécanisation et du Développement des ressources en eau de la République du Zimbabwe, l'honorable Dr Anxious Jongwe Masuka, a déclaré que le quadruple problème de la sous-alimentation, du retard de croissance, de l'émaciation et des comorbidités qui sévit dans la région de la SADC exigeait une action urgente. Il a exhorté les États membres à adopter une approche collaborative pour endiguer et gérer les ravageurs et les maladies transfrontalières des cultures et du bétail qui constituent une menace pour les systèmes alimentaires. 

L'honorable Dr Masuka a déclaré que le Zimbabwe et l'Afrique australe risquent de devenir davantage arides au cours des prochaines décennies, raison pour laquelle il est essentiel de mettre en place une agriculture résiliente au changement climatique.

La Secrétaire exécutive adjointe de la SADC chargée de l'intégration régionale, Mme Angèle Makombo N’Tumba, a rappelé que « l’agriculture est le pilier de la région de la SADC, subvenant aux besoins de plus de 70 % de la population de la SADC, l’élevage représentant à lui seul jusqu’à 40 % du PIB agricole.

Elle a indiqué que le changement climatique demeure un enjeu persistant qui nécessite des mesures décisives et à long terme afin d'en minimiser les effets et d'assurer la pérennité du secteur agricole.

Elle a en outre souligné que, selon les prévisions des experts, il y avait 77 % de chances que le phénomène El Niño touche la Région avant fin 2026.  « Nous devons commencer dès maintenant à nous préparer à une telle éventualité », a déclaré Mme N’Tumba, exhortant les États membres à faire appel au Centre des ressources phytogénétiques de la SADC, dont la mission consiste à coordonner la collecte, la conservation et l’utilisation de la diversité phytogénétique de la région, afin de mettre au point des variétés résistantes à la sécheresse.

Le Secrétaire exécutif adjoint de la SADC a souligné que la pêche et l'aquaculture jouent un rôle déterminant dans l'amélioration de la sécurité alimentaire et nutritionnelle, la création d'emplois et la croissance économique dans la Région de la SADC. Elle a également fait remarquer qu'il était possible de trouver des moyens de raffermir la coopération régionale dans la lutte contre la pêche illicite, non déclarée et non réglementée, d'améliorer le système de santé aquatique et de promouvoir la gestion durable des ressources en eau communes par le biais du développement de la pêche et de l'aquaculture.

Principaux enseignements tirés de la réunion ministérielle

Au cours de la réunion

  • Les ministres ont approuvé le projet de protocole d'accord sur l'harmonisation des cadres réglementaires relatifs aux engrais dans la Région de la SADC, dont l'objectif est de fournir aux États membres un cadre visant à faciliter l'harmonisation des règles régissant la production, la vente, la distribution, le commerce et le contrôle de la qualité des engrais dans la Région de la SADC.

  • Les ministres ont exhorté les États membres à consolider les informations sur le marché des engrais afin de protéger et de faciliter l'accès des petits exploitants agricoles aux engrais et à tous les intrants essentiels grâce à des programmes de subventions bien ciblés.

  • Les Ministres ont approuvé le « Cadre visant à renforcer la lutte contre la fièvre aphteuse au sein de la Communauté de développement de l'Afrique australe (SADC) par le biais d'une approche de coordination régionale », qui a pour objectif de renforcer les capacités régionales en matière de gestion de la fièvre aphteuse en tant que maladie transfrontalière, au moyen d'une surveillance harmonisée, d'une intervention transfrontalière coordonnée et d'une gestion efficace des risques liés à l'interface entre la faune sauvage et le bétail, conformément aux normes de la SADC, de l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) et de l'Organisation mondiale de la santé animale (OIE).

  • Les ministres ont exhorté les États membres à mettre en place un système progressif de zonage et de compartimentage contre la fièvre aphteuse à des fins commerciales interrégionales ; à créer une banque régionale de vaccins contre la fièvre aphteuse ; à actualiser leur législation en matière de lutte contre la maladie et à en garantir l'application ; ainsi qu'à mettre en œuvre la feuille de route « One Health » de la SADC.

  • Les ministres ont approuvé le cadre stratégique de la SADC en matière d'aliments et de fourrage afin d'harmoniser les politiques, de renforcer la collaboration entre les États membres et de promouvoir les investissements dans les systèmes de production, de transformation et de distribution d'aliments pour animaux dans la Région de la SADC. 

  • Les Ministres ont exhorté les États membres à mettre en œuvre les Lignes directrices régionales pour la gestion des pesticides et la réduction des risques, les Lignes directrices pour l’enregistrement des biopesticides, ainsi que la Stratégie régionale pour la gestion des pesticides hautement dangereux (HHP), à travers une approche multisectorielle et l’implication des parties prenantes, afin de renforcer la coordination dans une optique de sécurité alimentaire, de préservation de l’intégrité environnementale et de facilitation du commerce ;

  • Les ministres ont reconnu la nécessité d'impliquer les jeunes dans le secteur agroalimentaire et ont exhorté les États membres à intégrer les priorités des jeunes dans les plans nationaux d'investissement agroalimentaire (NASIP) / les plans régionaux d'investissement agroalimentaire (RASIP) et à allouer des ressources consacrées aux programmes agroalimentaires axés sur les jeunes, notamment la création et le renforcement de bureaux chargés de la jeunesse dans les ministères de l'Agriculture.

  • Les ministres ont exhorté les États membres à accélérer‑ le développement de la chaîne de valeur du riz menée par le secteur privé en facilitant les investissements privés dans la production, la transformation, le stockage et la commercialisation du riz, notamment en encourageant les partenariats public-privé (PPP), en améliorant l'accès au financement et en alignant les programmes nationaux relatifs au riz sur la Stratégie régionale de développement du riz et les objectifs de la phase 2 de la Coalition pour le développement du riz en Afrique (CARD).

  • Les ministres ont exhorté les États membres à transposer dans leurs législations nationales la Déclaration de Kampala relative au Programme détaillé pour le développement de l'agriculture africaine (PDDAA), qui vise à accélérer la transformation des systèmes agroalimentaires tout en garantissant des avantages équitables à toutes les parties prenantes, en particulier les femmes, les jeunes et les groupes vulnérables. 

  • Les ministres ont exhorté les États membres à resserrer de toute urgence la coordination régionale sur les marchés des denrées alimentaires et des intrants afin de prévenir les flambées de prix et les perturbations de l'approvisionnement, en mettant, entre autres, en place‑ des réserves régionales de céréales de la SADC, une réserve régionale d'engrais, ainsi qu'un mécanisme d'alerte précoce et d'achat groupé d'engrais, ‑afin de protéger les États membres fortement dépendants des importations et vulnérables à la volatilité des prix mondiaux.

  • Les ministres ont reconnu que le conflit au Moyen-Orient perturbe l'approvisionnement en engrais azotés, à base d'urée et d'ammoniac, dont dépendent les agriculteurs de toute la Région, et ont encouragé le développement d'une agriculture et de systèmes alimentaires résilients afin d'atténuer l'impact du conflit ainsi que d'autres chocs liés au climat, aux pandémies, aux conflits et à la situation macroéconomique.

  • Les ministres ont reconnu que la pêche et l'aquaculture jouent un rôle important dans le renforcement de la sécurité alimentaire et nutritionnelle, la création d'emplois et la croissance économique dans la région de la SADC, et ont exhorté les États membres à intensifier les mesures visant à assurer une gestion durable de la pêche artisanale, notamment par la protection des zones de pêche et la participation à des initiatives en faveur de la transparence.

  • Les ministres ont exhorté les États parties et les États membres à soutenir les efforts déployés par le Centre régional de coordination de la surveillance, du contrôle et de la surveillance des pêches de la SADC (MCSCC) en faveur de la durabilité, en particulier en soutenant la mise en œuvre du Registre régional des navires de pêche de la SADC (RRFV) afin d'améliorer la transparence, le respect des règles et l'harmonisation de la surveillance dans l'ensemble de la Région de la SADC. Les ministres ont félicité les États membres qui ont signé la Charte instituant le MCSCC et ont exhorté ceux qui ne l'ont pas encore fait à le faire, en vue de permettre au centre de remplir pleinement son mandat de coordination des efforts nationaux, régionaux et internationaux visant à lutter contre la pêche illicite, non déclarée et non réglementée (INN).

  • Les ministres ont exhorté les États membres à soutenir les initiatives régionales contre les filets monofilaments et autres filets de pêche illégaux, afin d'assurer une utilisation responsable et durable des ressources aquatiques vivantes et des écosystèmes de la SADC et de préserver les moyens de subsistance des communautés de pêcheurs. À cette fin, ils ont proposé la création d'un groupe de travail régional et le soutien à l'élaboration d'une stratégie régionale visant à interdire à terme l'utilisation des filets monofilaments dans le secteur de la pêche.

  • Les ministres ont félicité le gouvernement du Mozambique d'avoir finalisé la signature de l'accord avec le pays hôte et d'avoir enregistré le MCSCC à titre d'organisation diplomatique, afin d'assurer une mise en œuvre sans heurts des activités du MCSCC.

  • Les Ministres ont exhorté toutes les parties prenantes, y compris les partenaires techniques et de développement, à reconnaître la plateforme régionale de la SADC sur la santé des sols et les engrais ainsi que les plateformes nationales de santé des sols et des engrais comme les principales structures de coordination et de mise en œuvre des interventions relatives à la santé des sols et aux engrais aux niveaux régional et national respectivement ; Le Centre de la SADC pour la santé des sols et les engrais est hébergé par le Centre de coordination de la recherche et du développement agricoles en Afrique australe (CCARDESA), qui assure la coordination de l'harmonisation de la mise en œuvre de la recherche et du développement agricoles dans la Région.

  • Des représentants de la FAO, de l'OIE et de l'Institut des vaccins du Botswana ont fait part de leur expertise concernant les mesures visant à endiguer la fièvre aphteuse.