Mars 28, 2026

La SADC et l’ONUDC organisent un atelier régional sur la lutte contre les crimes liés aux minerais

L’atelier régional pour l’Afrique australe sur la lutte contre les crimes liés aux minerais s’est tenu à l’hôtel Avani de Gaborone, au Botswana, du 9 au 11 mars 2026. 

Organisé par le Bureau des Nations unies contre la drogue et le crime (ONUDC), en partenariat avec le Secrétariat de la SADC et avec le soutien du gouvernement du Japon, l’événement a réuni un large éventail d’acteurs des forces de l’ordre et des autorités de régulation, notamment les services de police, les agences de lutte contre la corruption, les autorités chargées de l’application des normes environnementales, les cellules de renseignement financier, les régulateurs miniers et les procureurs, ainsi que des partenaires régionaux et internationaux tels qu’INTERPOL.

La région de la SADC possède certains des gisements les plus importants au monde de minerais stratégiques, notamment le lithium, le cobalt, le cuivre, le nickel, le graphite et les terres rares. Ces ressources sont essentielles aux efforts mondiaux de décarbonisation et soutiennent des technologies vertes clés, telles que les véhicules électriques, les panneaux solaires et les systèmes avancés de batteries, positionnant la région comme un pilier stratégique de la transition énergétique mondiale.

Pourtant, ces ressources précieuses sont de plus en plus ciblées par des réseaux criminels hautement organisés qui exploitent les failles réglementaires et les frontières poreuses pour pratiquer l’exploitation minière illégale, la contrebande, l’évasion fiscale, la corruption, le trafic et le blanchiment d’argent. Ces activités illicites privent les États membres de revenus cruciaux, compromettent les industries légitimes et représentent de sérieux risques pour la sécurité, la gouvernance et l’environnement.

L’objectif principal de l’atelier était de servir de catalyseur pour une action coordonnée à l’échelle régionale, en renforçant les capacités d’application de la loi, en comblant les vulnérabilités tout au long des chaînes d’approvisionnement en minerais et en consolidant les partenariats entre gouvernements, acteurs industriels et financiers.

L’événement a été officiellement ouvert par Mme Dinah Marathe, Commissaire nationale de la Police du Botswana, invitée d’honneur. Dans son allocution d’ouverture, elle a souligné que la criminalité liée aux minerais constitue une menace régionale nécessitant une réponse unifiée et multisectorielle.  Elle a rappelé que les États membres de la SADC s’appuient sur des cadres régionaux établis, notamment le Protocole de la SADC sur les mines et le Plan indicatif régional de développement stratégique (RISDP) 2020-2030.

Mme Marathe a mis en évidence les liens étroits entre l’exploitation minière illicite, la corruption et le blanchiment d’argent, précisant que les produits de la criminalité transitent souvent par des systèmes financiers internationaux complexes. Elle a également appelé à des investissements durables dans le renforcement des capacités et à l’adoption de technologies avancées pour équiper les forces de l’ordre des compétences et outils nécessaires afin de lutter efficacement contre des réseaux criminels de plus en plus sophistiqués.

Pour sa part, Mme Satomi Ishihara, Première Secrétaire de l’Ambassade du Japon au Botswana, représentante de l’Ambassadeur du Japon, a souligné que, bien que les minerais stratégiques de la SADC soient essentiels à la transition énergétique mondiale vers le vert, ils doivent être protégés contre les risques liés à l’exploitation illégale, à la corruption et à la criminalité organisée, afin de garantir la stabilité régionale et un développement économique légitime. Elle a réaffirmé l’engagement du gouvernement japonais, à travers des initiatives telles que le Partenariat RISE et le TICAD-9, à demeurer un partenaire fiable pour promouvoir l’État de droit et garantir que les ressources minérales de l’Afrique servent de source de prospérité inclusive plutôt que de vulnérabilité.

Le Représentant du Bureau des Nations unies contre la drogue et le crime (ONUDC), M. Giovanni Broussard, a insisté sur l’urgence de renforcer la coopération régionale et internationale à tous les niveaux pour éradiquer efficacement la criminalité liée aux minerais dans la région de la SADC. Il a souligné également l’importance d’harmoniser les cadres politiques et juridiques entre les États membres et de renforcer les capacités des institutions chargées de l’application de la loi et de la justice pénale afin de lutter contre les réseaux criminels complexes opérant dans le secteur minier. 

Mme Kealaboga Moruti, représentante du Directeur de l’Organe de la SADC sur la coopération en matière de politique, de défense et de sécurité, a souligné que les crimes liés aux minerais compromettent le potentiel économique de la région en détournant des revenus destinés au développement. Elle a rappelé que les efforts nationaux seuls sont insuffisants, les réseaux criminels opérant au-delà des frontières, et que la collaboration régionale est donc indispensable.  Elle a insisté sur la nécessité de passer des intentions aux résultats concrets, en approfondissant la compréhension des méthodes criminelles et en identifiant des pistes concrètes de coopération transfrontalière entre les forces de l’ordre et les cellules de renseignement financier. 

Les discussions ont porté sur le renforcement de l’action collective, notamment le partage renforcé de renseignements et d’informations, incluant la coopération transfrontalière et les enquêtes conjointes, l’intégrité des chaînes d’approvisionnement grâce à une meilleure traçabilité, la diligence raisonnable et des mécanismes de mitigation des risques, ainsi que le renforcement des partenariats avec l’industrie, en collaboration étroite avec les compagnies minières, les opérateurs de transport et les institutions financières, afin d’identifier les signaux d’alerte et de signaler les activités suspectes.

L’atelier s’est conclu par l’adoption d’un ensemble de mesures concrètes, qui seront soumises au Comité ministériel de l’Organe (CMO) pour examen et approbation, ouvrant la voie à une mise en œuvre coordonnée à l’échelle régionale.

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