La Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC) et le Programme alimentaire mondial des Nations Unies (PAM) ont signé un protocole d’accord (MoU) renouvelé, réaffirmant leur engagement commun à lutter contre l’insécurité alimentaire et à renforcer la résilience régionale, alors que l’Afrique australe continue de se relever des chocs climatiques, de l’insécurité alimentaire et des besoins humanitaires persistants.
Le Secrétaire exécutif de la SADC, Son Excellence M. Elias Magosi, et le Directeur régional du PAM pour l’Afrique de l’Est et l’Afrique australe, Son Excellence M. Eric Perdison, ont procédé à la signature de ce nouvel accord à Gaborone (Botswana), le 28 avril 2026. Ce protocole d’accord remplace le précédent, arrivé à expiration en 2024.
Ce partenariat renouvelé établit un cadre de coopération visant à améliorer durablement la sécurité alimentaire et nutritionnelle dans la région de la SADC, tout en réduisant la vulnérabilité sociale et économique des populations.
S.E. M. Magosi a salué cette signature comme une réaffirmation d’un partenariat solide, qui n’a cessé de se renforcer au fil des années et demeure essentiel pour faire face aux défis pressants liés au changement climatique et à l’insécurité alimentaire.
Il s’est également félicité de l’inclusion de la jeunesse parmi les domaines prioritaires de l’accord, soulignant que « l’autonomisation des jeunes constitue un investissement dans la stabilité ».
Il a, en outre, réaffirmé son engagement à assurer un suivi stratégique rigoureux de la mise en œuvre du protocole d’accord et à promouvoir un partenariat pragmatique, axé sur des résultats concrets et à fort impact sur la vie des citoyens de la SADC.
Pour sa part, S.E. M. Perdison a réaffirmé que le partenariat SADC–PAM continuera de privilégier des résultats à fort impact, à travers des interventions visant à réduire la vulnérabilité et à renforcer la capacité de la région à anticiper, gérer et surmonter les chocs.
Il a également mis en avant la portée stratégique de ce protocole d’accord renouvelé, qui va au-delà des projets pour contribuer au renforcement des systèmes, notamment en appuyant la mise en œuvre des cadres stratégiques de la SADC, tels que le Plan indicatif régional de développement stratégique (RISDP) 2020–2030, la Stratégie régionale de gestion des risques de catastrophe et son plan d’action, le Cadre régional de résilience de la SADC, ainsi que le Plan d’action sur le changement climatique.
Ce protocole d’accord intervient à un moment critique, alors que la région de la SADC se relève encore de la grave sécheresse de 2024, qui a entraîné un appel humanitaire de 6,4 milliards de dollars américains.
Les principaux axes d’intervention de ce partenariat renouvelé comprennent :
La sécurité alimentaire et la nutrition, à travers le renforcement d’une agriculture résiliente face au climat, la constitution de réserves stratégiques de céréales et la consolidation des systèmes alimentaires régionaux ;
Alimentation scolaire et protection sociale : avec l’extension des programmes d’alimentation scolaire à base de produits locaux (« Home-Grown School Feeding »), qui bénéficient déjà à plus de 22 millions d’enfants, ainsi que le renforcement des liens avec les producteurs locaux et la nutrition ;
Gestion des risques de catastrophe : notamment par l’amélioration de la préparation aux catastrophes, le renforcement des systèmes d’alerte précoce, des actions anticipatives et l’appui au Centre des opérations humanitaire et d’urgence de la SADC (SHOC) à Nacala, au Mozambique.
Le protocole d’accord met par ailleurs un accent particulier sur les femmes et les jeunes, considérés comme des piliers essentiels de la résilience régionale. Dans cette optique, il prévoit d’élargir la participation des jeunes aux chaînes de valeur agricoles, de renforcer le développement des compétences et de stimuler l’innovation dans les systèmes alimentaires. Il accorde également la priorité à leur implication dans les initiatives d’adaptation au changement climatique, ainsi qu’à la création d’opportunités dans les domaines des données, des systèmes d’alerte précoce et de la réponse aux situations d’urgence, afin de transformer leur énergie et leur créativité en leviers concrets de résilience face aux chocs.
Reconnaissant le rôle central des femmes dans la production alimentaire, la nutrition des ménages et la résilience des communautés, l’accord met l’accent sur des programmes sensibles au genre, visant à promouvoir le leadership féminin dans l’agriculture, à élargir l’accès aux technologies et à garantir des mécanismes de préparation aux catastrophes et de protection sociale adaptés aux besoins spécifiques des femmes et des filles.
Au fil des années, le partenariat entre la SADC et le PAM a permis d’enregistrer des avancées significatives, notamment le renforcement des systèmes régionaux d’évaluation et d’analyse de la vulnérabilité, avec une amélioration des données relatives à la nutrition, au genre et au VIH ; l’appui à l’élaboration de programmes nationaux d’alimentation scolaire et l’adhésion de la SADC à la Coalition mondiale pour les repas scolaires ; ainsi que l’établissement de normes régionales d’enrichissement des aliments et de systèmes d’approvisionnement local.