March 13, 2026

Le Conseil des ministres de la SADC préconise l’accélération de l’intégration régionale

Le 13 mars 2026 à Pretoria (Afrique du Sud), le Conseil des ministres de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC) a conclu sa réunion de deux jours en invitant les États membres à accélérer la mise en œuvre des politiques et programmes régionaux, afin de promouvoir l’intégration et le développement de la Région.

La réunion a articulé ses travaux autour du thème « Promouvoir l’industrialisation, la transformation du système agricole et la transition énergétique pour une SADC résiliente ».

L’Honorable Ronald Lamola, ministre des Relations internationales et de la coopération de la République d’Afrique du Sud, qui a ouvert et présidé la rencontre en sa qualité de président du Conseil des ministres de la SADC,

a préconisé un renforcement de la coopération régionale afin d’améliorer concrètement les conditions de vie des citoyens de la SADC, par la création d’emplois, la sécurité alimentaire, l’accès à l’énergie et la résilience. Il a souligné que les populations attendent de l’intégration régionale qu’elle génère des possibilités économiques, porteuses de sens et susceptibles d’ouvrir de meilleures perspectives.

« Si l’intégration demeure à l'étape de discours, la confiance dans notre programme commun finira par s’éroder. Toutefois, si nous agissons avec détermination et exécutions efficacement nos engagements tel que convenu, notre Région a le potentiel de s’imposer comme une force dynamique de croissance industrielle, d’innovation et de développement durable », a déclaré l’Honorable Ronald Lamola.

Il a également appelé les États membres à intensifier les efforts de mobilisation des ressources, à ratifier les instruments juridiques favorisant la coopération régionale et à tirer parti des partenariats stratégiques.

Le président du Conseil des ministres a reconnu que la SADC a réalisé des objectifs dans la promotion et l’approfondissement de l’intégration régionale, citant notamment l’expansion numérique, avec un taux de pénétration d’Internet désormais de 54 %, le développement des infrastructures d’intégration régionale à travers la mise en place de postes-frontières à guichet unique, ainsi que l’ajout de plus de 14 000 mégawatts de nouvelles capacités de production, et l’augmentation de la part des énergies renouvelables dans le bouquet énergétique régional, passée d’environ 25 % à 38 %.

Pour sa part, le Secrétaire exécutif de la SADC, Son Excellence M. Elias Magosi, a souligné que la consolidation de la paix et de la sécurité demeure une priorité absolue pour la Région.  « Sans stabilité, l’industrialisation s’essouffle, l’investissement décline et la Vision 2050 nous échappe », a-t-il déclaré, ajoutant que la SADC continue activement à rechercher des solutions durables aux problèmes qui minent la paix, la sécurité et la gouvernance en République Démocratique du Congo et à Madagascar.

Concernant l’intégration commerciale, Son Excellence M. Magosi a mis en avant les progrès réalisés dans l’accroissement du commerce intra‑SADC de produits manufacturés, qui est passé du modeste taux 19 % à 22 %, ce qui correspond à une avancée en matière d’intégration des marchés et de développement des chaînes de valeur. Il a invité les États membres à mettre en place des mesures visant à éliminer les barrières commerciales et à stimuler la croissance économique.

S.E. M. Magosi a également souligné que la Région place une nouvelle fois le secteur minier comme catalyseur de l’industrialisation, et réorientant la priorité à la valorisation locale plutôt qu’à l’exportation de matières premières brutes.

« Notre difficulté ne réside pas dans la rareté mais dans la valeur ajoutée »,  a affirmé le Secrétaire exécutif, citant la révision du Protocole de la SADC sur l’exploitation minière alignée sur la Vision minière régionale et l’adoption du Cadre sur les minéraux critiques lors du Sommet du G20, comme autant de possibilités pour la SADC de remodeler les chaînes d’approvisionnement mondiales et de favoriser la prospérité régionale.

Concernant la mobilisation des ressources pour soutenir l’intégration et le développement, Son Excellence M. Magosi a insisté sur l’importance du Fonds de développement régional (FDR), mécanisme de financement destiné à impulser l’intégration et le développement. « Le FDR est notre instrument de transformation. Sans lui, nous n’avançons pas. Avec lui, nous pouvons avancer ensemble avec audace », a-t-il déclaré.

Résultats clés de la réunion du Conseil des ministres de la SADC

  • Le Conseil a approuvé le plan d’activités institutionnel annuel pour 2026-2027 qui décrit les interventions et les livrables destinés à accélérer la mise en œuvre des priorités du Plan indicatif régional de développement stratégique (RISDP 2020-2030). Parmi ces priorités, figurent la paix, la sécurité et la bonne gouvernance ; le développement industriel et l’intégration des marchés ; le développement des infrastructures à l’appui de l'intégration régionale ; le développement du capital social et humain ainsi que les questions transversales (genre et jeunesse, changement climatique et gestion des risques de catastrophes).

  • À la lumière des tensions géopolitiques, de la volatilité économique, des bouleversements climatiques et des perturbations dans les chaînes d’approvisionnement mondiales qui affectent directement la région de la SADC, le Conseil a décidé de convoquer une réunion urgente des ministres des Affaires étrangères afin d’évaluer les conséquences de l’évolution de la situation sur la Région. Par ailleurs, le Conseil a invité les ministres des Finances et de l’investissement et les gouverneurs des banques centrales, avec le soutien du Sous‑comité macroéconomique de la SADC, d’accélérer l’évaluation des effets de second tour de cette évolution géopolitique sur les différents secteurs de la Région.

  • Le Conseil a souligné l’importance de renforcer le financement de la mise en œuvre des priorités du RISDP 2020–2030, en développant des mécanismes de financement prévisibles et diversifiés. Cela inclut l’opérationnalisation du Fonds de développement régional et la recherche de modalités innovantes telles que le financement mixte et les partenariats public‑privé. À cet égard, le Conseil a exhorté les États membres qui n’ont pas encore signé ou ratifié l’Accord de 2016 sur l’opérationnalisation du Fonds de développement régional de la SADC, mécanisme de mobilisation des ressources destiné à soutenir la mise en œuvre des priorités régionales, l'objectif étant d'accélérer des processus nationaux en fonction des procédures établies par les compétences nationales.

  • Le Conseil a exhorté les États membres à accélérer la mise en place d’une intervention régionale coordonnée contre la fièvre aphteuse et consistant, notamment, à renforcer la surveillance transfrontalière, à harmoniser les stratégies de vaccination, à partager les informations et à mobiliser les ressources en vue de protéger les moyens de subsistance basés sur l’élevage, le commerce ainsi que la sécurité alimentaire. Il a aussi exhorté les États membres à accélérer le développement d’infrastructures d’irrigation et de systèmes de collecte des eaux pour atténuer la variabilité des précipitations, à investir dans la recherche sur les semences résistantes au climat, aux ravageurs et aux maladies, et à renforcer les services de vulgarisation agricole.

  • Le Conseil a approuvé un financement triennal pour douze projets à mettre en œuvre dans les États membres de la SADC au titre du Cycle IV du Fonds spécial VIH et sida. Ces projets portent notamment sur la recherche en matière de prévention du VIH, l’intégration des services de santé mentale, la santé sexuelle et reproductive, la prévention et la prise en charge des violences basées sur le genre, ainsi que des interventions ciblées pour les populations clés, y compris les jeunes scolarisés et non scolarisés.

  • Concernant la gestion des catastrophes dans la Région, le Conseil a salué le soutien apporté par l’Afrique du Sud, l’Angola, le Botswana, Maurice, la Zambie et le Zimbabwe aux États membres touchés, et a exhorté l’ensemble des États membres à continuer de faire preuve de solidarité en période de crise. En outre, le Conseil a exhorté les États membres à inscrire comme priorité les investissements dans les mesures de relèvement post‑catastrophe afin de renforcer la résilience des infrastructures et de réduire les pertes futures liées aux catastrophes grâce à l'adaptation au changement climatique et à la mise en place de stratégies de reconstruction plus efficaces.

  • Le Conseil a accueilli favorablement les rapports indépendants de l’évaluation à mi‑parcours et d’analyse des risques du RISDP 2020–2030. Il a chargé le Secrétariat de convoquer, au plus tard juin 2026, un atelier technique qui réunirait les États membres afin d’examiner les recommandations et revoir le plan de mise en œuvre. Le plan révisé mettra l’accent sur des initiatives phares visant à stimuler la croissance régionale, renforcer la résilience climatique, accélérer l’industrialisation et améliorer la connectivité des infrastructures dans l’ensemble de la SADC.

  • Le Conseil a exhorté les États membres à soutenir la mise en place des Services régionaux de passation de marchés groupés (SPPS), un modèle de contractualisation conjointe permettant aux États membres de mener et de négocier collectivement les processus d’appel d’offres. Il est impératif que ce soutien repose sur une participation active et efficace ainsi que sur la transmission d’informations pertinentes, conformément au principe de géométrie variable, de sorte à stimuler les processus de passations de marchés des SPPS.

  • Le Conseil a approuvé trois protocoles d’accord de coopération entre la SADC et le Japon, l’Institut africain de l’économie de la faune (AWEI) et le Programme alimentaire mondial (PAM). Ces accords doivent permettre de renforcer la coopération dans des domaines clés alignés sur les priorités régionales, l’Agenda 2063 et les Objectifs de développement durable (ODD). Plus précisément, le protocole SADC–Japon porte sur les infrastructures, le commerce, l’agriculture et la paix et la sécurité ; le protocole SADC–PAM a pour vocation de renforcer la sécurité alimentaire, la protection sociale et la gestion des risques de catastrophe pour lutter contre la faim et la malnutrition ; et le protocole SADC–AWEI entend promouvoir l’économie fondée sur la faune sauvage par la recherche, le renforcement des capacités et des chaînes de valeur durables, et favoriser en même temps la conservation de la biodiversité et la résilience climatique.

  • Par ailleurs, le Conseil a chargé le Secrétariat de la SADC de faciliter les réunions avec le Comité des ambassadeurs de la SADC, et a encouragé les États membres disposant de représentations diplomatiques accréditées au Botswana à participer activement aux travaux de ce Comité. Par cette démarche, il s’agit d’améliorer la coordination, la consultation et le soutien à la mise en œuvre effective des programmes et activités de la SADC. 

Le Conseil des ministres a la charge de superviser le fonctionnement et le développement de la SADC et de veiller à la mise en œuvre des politiques et des décisions en conséquence. Il est composé de ministres des seize États membres, généralement issus des portefeuilles des Affaires étrangères, des Relations internationales, de la Planification économique, des Finances ou du Commerce, et se réunit deux fois par an. La prochaine réunion ordinaire du Conseil se tiendra en août 2026, en amont du 46e Sommet des chefs d’État et de gouvernement de la SADC.